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L'homme qui murmurait à l'oreille des ours

4 Jan 2018

Voici un joli article, on y découvre une belle amitié entre un homme et des ours canadiens. Que la nature est belle !

C’est la fin d’après-midi à Acadieville, bourgade de 750 âmes, dans cet Est canadien qu’on appelle le Nouveau-Brunswick. Dans son van blanc, Richard Coguen a l’œil qui pétille. Le quinquagénaire à l’allure débonnaire réserve une surprise à ses visiteurs. Le véhicule n’est pas encore arrêté qu’apparaît déjà une imposante silhouette noire. Richard jubile : « Ah, c’est Charlot. Lui, c’est vraiment mon copain. Ça fait des semaines qu’il n’était pas revenu. »

 

Le « copain » est un magnifique ours brun d’au moins 300 kg. Un mâle dominant aux membres puissants et aux griffes énormes. Du genre à vous envoyer valser d’un coup de patte. Pas question de traîner. La vingtaine de personnes qui accompagne ce jour-là le guide canadien est invitée à grimper sur une plateforme en bois, située à huit mètres de haut. Richard passe les consignes : ne pas tenter de sortir de la tour et observer en silence.

 

Richard redescend, seul, dans la forêt. On le voit disparaître dans un sentier, puis revenir avec un seau contenant les noix. Il s’assied sur un tronc sec. Charlot s’approche avec nonchalance. L’animal n’est pas apprivoisé. Pourtant Richard lui parle, avec son inimitable accent canadien. L’ours vient lécher les noix dans la main de son ami. Il reste un moment puis finit par s’éloigner. En haut de la plateforme tout le monde se tait, médusé.

 

C’est maintenant au tour d’une maman ourse et de sa progéniture de pointer leurs museaux. Pendant deux heures, deux oursons joueurs de cinq mois vont charmer tous les visiteurs qui les regardent grimper comme des écureuils le long des troncs en cas d’alerte danger. D’autres ours vont et viennent, fouillent sous les troncs ou les feuilles pour trouver des noix cachées. Demain ils reviendront. Ou pas. Mais Richard, lui, sera fidèle au poste.

 

Le Canadien approche les ours noirs au plus près, sans appréhension. Il ne porte jamais d’arme. Tout juste a-t-il autour de la ceinture une petite bombe de gaz poivré à souffler dans leurs yeux au cas où… Mais en une vingtaine d’années de coexistence pacifique, elle n’a jamais servi.

 

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L'ours Celtic

par Soizic Pédron